Actualités du centre | 2015

Journée d’étude

Journée d’étude "Territoires et identités : une approche patrimoniale"

Mercredi 13 mai 2015, 9h30-17h30, EHESS, bât. Le France, salle J.P. Venant, Paris 13e

Organisée par Véronique Boyer et Emilie Stoll, dans le cadre du projet ANR-Fabriqu'AM - La fabrique des "patrimoines" : Mémoires; savoirs et politique en Amérique indienne aujourd'hui

Territoires et identités : une approche patrimoniale

Mercredi 13 mai 2015
de 9h30 à 17h30, bât. Le France, salle J.P. Vernant (8e étage)

Organisation : Véronique Boyer et Emilie Stoll

 

Bondaz, Graezer Bideau, Isnar et Leblon[1] soulignent que ce qui est en jeu dans le champ contemporain du patrimoine est « la mutation d’un bien ordinaire en bien distingué » (2014: 11). Le déploiement par les États de politiques territoriales nous semble susceptible d’être appréhendé en ces termes. En effet, ces politiques « distinguent », c’est-à-dire cherchent à valoriser certains espaces en leur conférant un statut administratif spécifique, en les affectant à un usage particulier (parc naturel, réserve indienne ou écologique, etc.) et leur attribuant des moyens humains et financiers propres. En d’autres termes, la mosaïque territoriale que l’on observe sur les représentations cartographiques correspond à un découpage juridique réel ou désiré, lequel se négocie à différentes échelles (du local à l’international) et entre différents acteurs (populations, tiers secteur, institutions publiques, intérêts privés, organisations professionnelles, etc.).

Certains de ces territoires sont constitutionnellement corrélés à une identité ethnique (indien par exemple) tandis que d’autres sont associés à une activité spécifique (extraction de latex) ou au maillage administratif (município). Or, dans un contexte où « penser patrimoine » est devenu un leitmotiv pour cet ensemble très diversifié d’acteurs, l’appartenance territoriale tend à être essentialisée dans des termes « identitaires », même si elle a été conçue au départ sous une autre modalité : une réserve « écologique » abrite des « populations traditionnelles », donc spécialistes d’un artisanat, un município est indien parce que c’était une « républica de indios ». L’inscription spatiale et l’énoncé de l’identité semblent ainsi imbriqués dans des raisonnements circulaires.

Pour s’imposer comme des acteurs dont l’action patrimoniale est légitime ou qui sont dignes de patrimonialisation, les populations locales et leurs relais élaborent des récits sur le passé et la tradition qui se veulent spatialement ancrés et incontestablement singuliers. Le processus de traduction, de négociation et de transformation est fonction de leur insertion dans un champ politique local et leur interlocution avec divers acteurs externes, institutionnels ou pas. Il vise à rendre incontestables leurs prétentions territoriales, et la « distinction » de leur espace de vie vis-à-vis de voisins proches qui ne pas toujours des « étrangers ».

Cette journée d’étude entend examiner les rapports entre identité et territoire qui se jouent autour de la patrimonialisation en partant d’exemples ethnographiques latino-américains, et dans une perspective qui s’attache à restituer les conditions de l’émergence de tels phénomènes

Nous proposons deux axes de réflexion :

1) acteurs du champ politique et négociations patrimoniales

2) lectures de l’espace, objets du patrimoine, territorialités

 

Programme

9h30 - Accueil des participants

10h - Introduction, Véronique Boyer (CNRS-Mondes Américains) et Emilie Stoll (post-doc à University of Aberdeen)

10h20 - Jan Peter Laurens Loovers (post-doc à University of Aberdeen / Arctic Domus project)
Staking and Silencing Life: Narrating Mineral Exploration and Land Use Planning in the Canadian North

10h40 - Jorge Calvimontes (post-doc à l’UMR 208 Paloc/MNHN-IRD et à l’Université de Campinas, Brésil)
L’identité comme stratégie de lutte pour le territoire ? Le cas du Cœur Picinguaba du Parc de l’Etat de la Serra do Mar, São Paulo, Brésil

11h – Pause café

11h15 - Emanuela Canghiari (doctorante en Anthropologie à l’EHESS, IIAC/LAHIC)
Les nouveaux agents de la patrimonialisation au Pérou : légitimité, reformulations identitaires, participation communautaire

11h35 – 12h15 : Discussion des présentations, menée par France Guérin-Pace (INED) et Béatrice Fraenkel (EHESS)

12h15 : Débat

12h45 - Pause déjeuner (buffet)

14h30 - Mauricio Torres (chercheur indépendant, associé à l’Universidade Federal do Oeste do Pará)
De pariwat (« étrangers/ennemis ») à wuy ḡuy bugum (« ceux qui pensent comme nous ») : scissions et alliances de groupes sociaux distincts atteints par des menaces communes (Amazonie, Brésil)

14h50 - Chantal Crenn (Maître de conférences à l’Université de Bordeaux Montaigne/UMI 3189 ESS Dakar, chercheur associé à l’UMR 5115 Les Afriques dans le Monde SNRS-IEP Bordeaux)
La fabrique des « patrimoines » entre ethnicité, globalisation et finance dans les vignobles du Bordelais

15h10 - Pause café

15h25 - Marie Chosson (Maître de conférences à l’INALCO-CESSMA)
La municipalisation du village tseltal d’Aguacatenango, Chiapas (Mexique) : logiques de projet de patrimonialisation d’un paysage identitaire

15h45 - Discussion des interventions, menée par Claudia Damasceno (EHESS) et Anne-Marie Losonczy (EPHE)

16h25 - Débat

 

Voir le programme détaillé et les résumés des communications

 

 


[1] BONDAZ, Julien, GRAEZER BIDEAU, Florence, ISNART, Cyril, LEBLON, Anaïs, « Relocaliser les discours sur le « patrimoine » », in : Les vocabulaires locaux du « patrimoine » : traductions, négociations et transformations, Berlin, Lit, 2014, p. 9-30. Le livre a été présenté lors de la journée Fabriq’am de décembre 2014.

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